Un accident survenu au travail n’ouvre pas automatiquement les droits liés à ce statut légal. Mais dès que la reconnaissance est acquise, elle donne accès à des droits bien plus protecteurs qu’un simple arrêt maladie.
L’essentiel à retenir
L’article L411-1 du Code de la sécurité sociale définit largement cette notion : elle couvre tout accident touchant un salarié par le fait ou à l’occasion du travail.
Contrairement à l’arrêt maladie ordinaire, aucun délai de carence ne s’applique ici : les indemnités journalières démarrent dès le premier jour d’arrêt.
Par ailleurs, la loi reconnaît aussi les accidents de trajet (domicile–lieu de travail), même si leur régime diffère légèrement.
Concrètement, l’indemnisation grimpe à 60 % du salaire journalier pendant les 28 premiers jours, puis à 80 % à partir du 29ème jour — un niveau supérieur à celui de la maladie ordinaire.
Enfin, l’employeur doit impérativement déclarer chaque cas à la CARSAT sous 48 heures après en avoir eu connaissance.
Qu’est-ce qui caractérise ce type d’accident ?
Selon l’article L411-1, la loi qualifie ainsi tout événement, quelle qu’en soit la cause, touchant un salarié dans le cadre de son activité professionnelle, peu importe le lieu.
Trois éléments doivent se combiner :
- Un fait soudain : un évènement imprévu et brutal
- Une lésion corporelle ou psychologique, reconnue médicalement
- Un lien avec le travail : le salarié doit se trouver sous l’autorité de l’employeur au moment des faits
Quelles situations sont concernées ?
| Situation | Reconnu ? |
|---|---|
| Chute sur le lieu de travail pendant les heures de travail | ✅ Oui |
| Déplacement professionnel | ✅ Oui |
| Malaise lié à l’effort sur le lieu de travail | ✅ Oui (jurisprudence) |
| Mission à l’étranger | ✅ Oui |
| Trajet domicile–travail (itinéraire normal) | ✅ Oui (régime spécifique) |
| Pause déjeuner hors des locaux | ❌ Non (hors lien de subordination) |
| Activité sportive non organisée par l’employeur | ❌ Non en général |
Le trajet domicile-travail : un cas à part
Ce régime spécifique couvre l’accident survenu pendant le trajet entre la résidence principale et le lieu de travail (ou le lieu de restauration habituel), à condition de suivre l’itinéraire normal. La protection sociale reste proche du régime général, sans toutefois inclure la majoration de responsabilité de l’employeur.
Bon à savoir : un détour reste toléré pour un motif légitime — déposer un enfant à l’école ou faire une course urgente, par exemple — sans perdre le bénéfice de cette protection.
Combien touche-t-on pendant l’arrêt ?
| Période | Taux d’indemnisation |
|---|---|
| Jours 1 à 28 | 60 % du salaire journalier de référence |
| À partir du 29ème jour | 80 % du salaire journalier de référence |
Aucun délai de carence ne s’applique : les indemnités démarrent dès le premier jour. De plus, le calcul du salaire journalier se base sur le dernier salaire brut mensuel, sans plafonnement contrairement à la maladie ordinaire. Certaines conventions collectives prévoient même un maintien de salaire à 100 %.
Quelles démarches effectuer ?
Côté salarié :
- Informer immédiatement l’employeur
- Consulter un médecin pour obtenir un certificat médical initial (CMI)
- Envoyer ce certificat à la CPAM sous 24 heures
- Respecter les prescriptions médicales et les horaires de sortie autorisés
Côté employeur :
- Rédiger la déclaration et l’envoyer à la CARSAT sous 48 heures
- Remettre au salarié une feuille dédiée, qui exonère des frais médicaux
- Analyser les causes pour éviter toute répétition
Que faire en cas de désaccord ?
Si la CPAM refuse la reconnaissance, le salarié peut saisir le tribunal judiciaire. À noter : la présomption d’imputabilité joue en sa faveur, puisque c’est à la CPAM de prouver l’absence de lien avec le travail.
Gi Group et la prévention
Chez Gi Group, nos équipes informent systématiquement les candidats en mission des règles de sécurité applicables chez nos entreprises utilisatrices. En cas d’incident pendant une mission intérimaire, nous prenons en charge la déclaration et accompagnons le salarié tout au long de ses démarches.
Avant chaque prise de poste, nous vérifions donc que les conditions d’accueil et de sécurité respectent bien les exigences réglementaires.
Questions fréquentes
Non. Le Code du travail protège le salarié contre tout licenciement durant cette période, sauf faute grave sans lien avec l’incident, ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger.
Oui, absolument. L’agence d’emploi, en tant qu’employeur légal, gère la déclaration, tandis que l’entreprise utilisatrice reste responsable des conditions de sécurité au quotidien.
Elle correspond à un manquement conscient à l’obligation de sécurité. Dans ce cas, le salarié peut obtenir une majoration de rente ainsi qu’une indemnisation complémentaire pour les préjudices non couverts par le régime général.salarié peut obtenir une majoration de rente ainsi qu’une indemnisation complémentaire pour les préjudices non couverts par le régime général.
Source : Code de la sécurité sociale, articles L411-1 et suivants | Ameli.fr — accident du travail : ameli.fr | INRS (Institut national de recherche et de sécurité) : inrs.fr.






